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J'ai vu mon peuple fuir à l'horizon, les cris
Des miens me parvenaient. Vaincus, ils se replient -
pensais-je avec effroi, priant pour que les tiens
Ne les poursuivent pas. Hélas rien ne retient
Le bras du conquérant. De mon temple isolé,
Les yeux remplis de feu, je vous ai vu brûler
La porte du désert qui se dressait tout proche
des plateaux escarpés et des immenses roches.
Il ne restait plus rien des cités centenaires
Qu'avait bâti mon père. Assombrissant les airs,
S'élevait la fumée ; je me souviens du vent
Qui nourrissait vos flammes et je cru un instant
voir un soleil levant qui transperçait la nuit.
Le ciel noir se posa sur mes épaules et puis
Je tombai à genoux, les yeux à moitié clos,
Sentant au fond du cœur cette fleur qui éclot :
Epines empoisonnées aux nocturnes pétales
Et la douleur se noue, se déploie et m'avale.
Au loin tout était flou, mais ta puissante armée,
Comme une ombre de mort, se remet à marcher.
J'entends les cris guerriers de tes maudits archers
Et vois venir à moi tes puissants cavaliers.
D'où viennent ces chevaux que rien ne peux calmer ?
Du sang sur les naseaux, je les vois écumer
Une rivière rouge et leurs sabots s'abattent
violement sur le sol ; ils cherchent de leur pattes
Des cadavres à broyer.
Que dis-tu Samilia ?
Je dis ce que j'ai vu de mes yeux ce jours là.
La guerre Samilia !
A la guerre il y a
Seulement des soldats. Non ce n'est pas cela ;
Non ce n'est pas la guerre : c'est le feu du carnage
Que toi et tes guerriers portiez depuis Carthage.
...
Bha voilà un petit extrait de ce sur quoi je taf. Théatre à l'ancienne, pour moi, voué à la lecture plutôt qu'à la mise en scène.
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